Ce travail est une approche méthodique d’une analyse diachronique de la dynamique d’occupation du sol d’un sous bassin versant du Dallol Bosso soumis depuis plusieurs années aux mutations de tout genre. Pour ce faire, deux images satellitaires (Landsat 5 TM et Landsat 8 OLI) ont permis de suivre la variation spatiale et temporelle d’occupation du sol de la zone d’étude. La période d’analyse retenue est de 30 ans (1987-2017). Les images traitées sont du mois de décembre de chaque date. L’impact de la dynamique étudiée sur les écoulements des eaux de surface a été évalué grâce à un indice représentant la capacité de rétention en eau au niveau de chaque classe d’occupation. Le traitement de ces images a été réalisé à travers une approche orientée objet couplée à l’interprétation visuelle.
La validation des résultats est issue d’une vérification de terrain. Il ressort des résultats obtenus qu’une segmentation des images avec un paramétrage échelle 120, forme et compacité 0.9 sous eCognition Developper donne des résultats satisfaisants pour la classification qui s’en suit. Quant à la dynamique spatio-temporelle qui en résulte, on remarque deux principales tendances : régression et progression. La première concerne des unités comme la brousse tigrée et les jachères qui ont diminué respectivement de 9,44% et 5,14% au cours des trente ans. La seconde touche les classes telles que la végétation du plateau, les cordons ripicoles, les cultures sous parc arboré, les zones de cultures continues, les plans d’eau, les sols nus, les terrains rocheux et les habitations humaines. A titre d’exemple, les surfaces des zones de cultures continues qui étaient de 84926,8 ha en 1987 sont passées à 91121,28 ha en 2017 soit une hausse de 3,09%. Parallèlement, on observe que les taux moyens annuels d’expansion spatiale sont positifs pour l’ensemble des classes à l’exception des deux qui ont régressés. L’indicateur d’évaluation de l’impact de cette transformation du milieu sur l’écoulement des eaux de surface donne des coefficients de rétention (Cr) calculés qui sont faibles pour toutes les classes et pour toutes les dates. En conséquence, la zone d’étude est assujettie à une forte anthropisation marquée par une forte dégradation du milieu (érosion, déforestation, surpâturage, etc.) qui ne favorise pas trop l’infiltration.